Le Baiser

Je suis à la tête de terribles incertitudes sans avouer mes invincibles craintes lorsque, dans le silence de la nuit, disparut de mes mains l’étoile au ciel du berger. S’enroulèrent à mes pieds figés les ronces et l’aubépine assoiffées par tant de misère. L’aube pénétra en moi sans même soupçonner les mystères qui me révoltèrent d’une séparation de l’univers.
Tu m’as oublié
dans l’obscurité
Toi mon indicible amour, cet unique perfection, si près de ma chair sensible et qui reste l’écueil insensé de ma raison. Depuis cet ailleurs, ne regarde pas en moi le poète, ce rimailleur incertain dans les coulisses de la vie. Examine mes vers avec d’autant plus de sévérité que fut la voix de ton amour car en vérité je ne mérite point l’indulgence. Et plus rien autour.

 

Le Baiser [ Artist ] Auguste Rodin
Le Couple

 

Le Baiser

 

Le jour agonise
remontant si haut
ma pensée fâchée du fond de la nuit.
Je pourfends mon sein en son cœur si chaud
quand le vent lointain déverse la pluie
sans mot qui s’aiguise
ni rancœur cachée.

Je demeure, ainsi
auprès des eaux sombres
d’un étang froissé imitant la mer.
Viendras-tu vers moi
parmi les ombres de l’univers froid
calmer ma colère
et poser, ici
ton baiser glacé ?

Sauras-tu trouver
dans l’œil querelleur
la source infinie qui me lie à toi ?
Toi dont la grâce nourrit le meilleur
pour que s’efface le loup dans les bois
sous un ciel pavé
d’éclats démunis.

Les oiseaux se taisent
respirant à peine
mon air farouche d’un noir horizon.
J’étreins de ma chair
la coupe pleine des beautés lunaires
qu’offre ton pardon
et dans hypothèse
d’effleurer ta bouche.

Puis vient ton baiser.
Ce parfait baiser qui parle d’aimer.
De toujours s’aimer.
Le seul don d’amour dans un seul baiser.
Et plus rien autour.

Le parfait baiser.

 

2017 © ManachePoetryBulle  - Merci pour lecture

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Bois - Partage Poème

frise-artmanache-15

Tu entres dans la pièce… il y a ce parfum si vaste. Si troublant posé sur l’obscurité du jour qui se replie. Énigme à la gloire de la vie semant les bienfaits à l’oiseau qui s’envole, je veux venir près de toi. Au plus près de tes mots silencieux que seul mon être entier entend

Lent et lascif, le tango ne se danse qu’à deux, abrazo cerrado et aux langages de tes jambes, de ton bassin … aux éclats de ton regard, dans le feu de tes yeux et la caresse de ta main, il est l’instant de ma rencontre avec ton corps.
Pégase, sauvage et blanc, emporte-moi.

 

[ Music ] Astor Piazzolla
Milonga del Ángel

frise-artmanache-15

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6 réflexions sur “Le Baiser

  1. C’est magnifique Manache et dans tes vers même les mots les plus sombres ont une douceur particulière.
    Le baiser, qui ne rêve d’en recevoir un aussi parfait. Merci pour le partage 🙂

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  2. J’aimerais tant trouver les mots autres « que c’est beau «, pour vous exprimer tous mon ressenti.
    Merci pour cet émouvant moment de lecture, votre plume est si belle.
    Bonne soirée Manache ☺

    Aimé par 1 personne

  3. Bonjour Manache
    Je suis déjà venue le lire sans savoir quoi dire tellement ces mots et cette musique, sublime musique qui transcende tout se suffisent, me suffisent à rêver de ce parfait baiser qui nous transforme, qui nous scelle au présent, au passé et qui ne souffre d’autre avenir…
    Merci pour cette beauté.
    Je te souhaite des jours heureux monsieur le poète, l’artiste même.
    Au plaisir de te lire encore.
    ❤🌻🌸🌼

    Aimé par 1 personne

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