Déforesté d’un Nous (I)

Déforesté d'un Nous - @ Manache Poetry [ Photographer ] Adrian Kulik

 

Déforesté d’un Nous (I)

 

Cette façon…
Cette façon que nous avions de marcher entre les arbres.
Tant serrés.
De ne rien voir devant tout en sachant nos vies osciller entre présence et sentiment de non appartenance à ces lieux. De se retourner sur nos pas tout en ne sachant pas contenir l’hémorragie des secondes de nos cœurs amoureux.
Certains de ne rien oublier, nous reprenions le chemin entre les arbres tant serrés de la forêt.
Nous avancions sereins vers l’imprudence.
Celle de la vie.
Celle d’un inconnu qui se vit à deux.
Écartant le feuillage dense dans l’obscurité de l’existence, tout nous apparaissait si clair.
Cette façon…
Cette façon que tes cheveux avaient d’épouser en vague émouvante mon épaule. Ma joue. Et ce parfum qui s’en échappait pour seule trace dans les airs d’une promesse aux saveurs envoûtantes.
Tout un univers. Le tien promis au ciel du mien.
Si bleu.
Puis venait ta bouche.
Cette caresse intime posée sur mon âme tel le murmure infini des fleurs porté par la rosée des matins.
Aussi…
Aussi nos doigts entrecroisés comme les racines des arbres tant serrés.
Indissociables.
Ne formant qu’une seule main dans ce monde enforesté de nous.
Nous chantions, dansions.
Certains que nous tenions la main de l’éternel éphémère d’un Nous.
Ce Nous indiscutable.

C’était hier dans la forêt aux arbres tant serrés.
Pour longtemps en ton absence.
Pour longtemps.

Combien de fois au creux de ton oreille
Ai-je dit qu’à l’infini je t’aimais ?
Pas assez à l’évidence
Pas assez.
Derrière le silence de mes bras
Il reste tant de mot en bandoulière
Quand, de la forêt, je reviens sans toi.
Poétique oraison comme substrat
Que seule en moi ton absence réveille.

Je me souviens de ton écharpe verte
Accrochée à ton cou tel un drapeau.
Elle annonçait dans le ciel
Le Printemps.
Tout paraissait irréel sous la neige
Sublimée par l’éclat de ta lumière
Quand, dans la forêt, tu venais vers moi.
Je voyais au loin deux ailes ouvertes
D’un ange de chair que l’amour protège.

[…]

 

2017 © ManachePoetry

Bulle  - Merci pour lecture

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Une réflexion sur “Déforesté d’un Nous (I)

  1. C’est magnifique Manache ! Il y a tant d’amour, de douceur et de délicatesse dans ce poème que cela fait du bien. Je voyais des images et j’étais en suspension dans ces bois avec vous deux. Excellent week-end à toi !

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